
Europäische Akademie für Landschaftskultur
European Academy for the Culture of Landscape
Académie Européenne pour la Culture du Paysage
Accademia Europea per la Cultura del Paesaggio
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Die Landschaft der Karawanken - Seminarwoche in goetheanistischer Naturanschauung
von Sonja Schürger (Berlin, DE)
Vom 22. bis 28. August 2020 fand unter der Leitung von Sonja Schürger und Jan Albert Rispens eine Seminarwoche in goetheanistischer Naturanschauung im Bodental in Österreich statt.
Die Karawanken sind Grenz- und Begegnungslandschaft auf mehrfache Weise: Auf dieser geologischen Bruchlinie treffen sich südalpines und illyrisches Klima mit Vertretern der mediterranen Pflanzenwelt wie Mannaesche, Schwarkiefer und Hopfenbuche. Kulturell durchdringen sich slawische und deutsche Kulturelemente, die Landschaft und Geschichte über Jahrhunderte prägten.
Einerseits lässt sich an den heutigen Landschaftsformen geologische Entwicklung und kraftvolle Wirksamkeit der Naturelemente ablesen. Andererseits zeigt sich in Stimmung und Charakter der Kulturlandschaft das über Jahrhunderte Verwoben-Sein von menschlicher Tätigkeit mit der Natur, das in den letzten Dezennien auch hier einseitig pragmatische und dadurch zerstörerische Formen angenommen hat. Wie lässt sich ein aufbauender Kulturimpuls mit der Landschaft in die Zukunft hinein entwickeln?
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Comment le caractère et les particularités d'un paysage deviennent-ils une expérience personnelle ?
par Sonja Schürger (Berlin, DE)
Au cours d'une promenade, je découvre des bourgeons de tilleul qui s'ouvrent : des feuilles délicates, arrondies, d'un vert presque translucide, encore déployées. À côté, les étoiles vert clair, disposées en sphères, d'une fleur d'érable. D'un symphorine déjà couvert de feuilles, résonne le chant mélodieux et profond d'un rossignol. À l'arrière-plan, les hautes branches d'un cerisier sauvage se parent de fleurs d'un blanc éclatant. Au-dessus de ces verticilles de fleurs, les feuilles aux reflets rougeâtres se déploient. Mais cette expérience sensorielle ne se limite pas à l'apparence extérieure des choses ; elle est la porte d'entrée vers une rencontre profonde avec le caractère unique et particulier d'un lieu.
Dans chaque perception, s'exprime quelque chose qui transcende la simple reconnaissance objective d'une plante ou d'un animal. Cette expérience, plus accessible à la pensée expérientielle qu'à la cognition rationnelle, peut être décrite comme une atmosphère ou une ambiance. Elle apparaît, de prime abord difficile à saisir, comme une sorte de rayonnement qui enveloppe les choses. Lorsque nous commençons à y prêter attention, nous participons plus intensément à nos perceptions. Ce faisant, nous pouvons distinguer différents niveaux de connexion :
D'un côté, nous percevons la lumière, la chaleur, le vent et les conditions météorologiques du moment, qui nous donnent une impression immédiate du lieu. Cette atmosphère tangible peut se transformer radicalement peu après, lorsque les nuages s'amoncellent et que les couleurs apparaissent soudain plus saturées et plus sombres. Pourtant, nous restons convaincus qu'il s'agit du même endroit !
Plus profondément, ces observations se fondent en une conviction intérieure : c'est le printemps ! Nous supposons naturellement que les arbres et la prairie se transformeront de manière caractéristique au fil de l'été, de l'automne et de l'hiver. Inconsciemment, nous gardons à l'esprit cette transformation globale tout au long de l'année lorsque nous parlons du printemps.
Nous découvrirons peut-être alors des restes de branches coupées sur le tronc, de vieilles souches à proximité, ou nous pourrons comparer la croissance annuelle d'une branche. Ainsi, nous nous familiariserons avec l'histoire ou la biographie d'un lieu.
En portant régulièrement mon attention sur un lieu avec une observation attentive et renouvelée, une sorte d'image globale de ce lieu se dessine peu à peu dans ma conscience. À travers les phénomènes individuels, une vision holistique émerge, où le caractère, l'identité d'un paysage, deviennent tangibles. Lorsque nous revisitons les expériences et les intuitions acquises sur ce chemin, nous nous sentons enrichis. La recherche de l'essence d'un paysage est simultanément un voyage de découverte de notre propre être profond.
Sonja Schürger, Réflexions aphoristiques sur l'approche d'un paysage I
Le paysage comme miroir de notre conscience intérieure
par Laurens Bockemühl (Sarrebruck, DE)
Le paysage n'est pas une réalité en soi. Il est l'image de la relation entre l'homme et son environnement. Le développement de notre conscience moderne a conduit à la séparation de l'être humain et du paysage. De ce fait, nos paysages se dégradent de plus en plus. Parallèlement, la conscience moderne a pour mission de prendre conscience du contexte inhérent à la vie au sein du paysage. L'Académie PETRARCA a été fondée pour soutenir ce processus. Elle vise à promouvoir la culture durable d'un paysage à la fois humain et viable, en développant les facultés perceptives à différents niveaux afin de favoriser un jugement indépendant, fondement de l'action. À cette fin, et s'appuyant sur une recherche de longue haleine, l'activité principale de l'Académie PETRARCA est l'organisation de séminaires sur le paysage dans toute l'Europe. Ces séminaires s'inscrivent toujours dans un processus beaucoup plus vaste de développement du paysage. Le point de départ est constitué de questions concrètes relatives au paysage et aux personnes qui y vivent et y travaillent. PETRARCA a développé un large éventail d'exercices, principalement destinés à ces séminaires, qui contribuent à approfondir notre relation au paysage.
Laurens Bockemühl, Nogué, Joan; Puigbert, Laura ; Bretcha, Gemma; Losantos, Àgata (éd.) (2011) : Paisatge i educació. Olot : Observatoire du Paysage de Catalogne ; Barcelone : Departamento de Enseñanza de la Generalitat de Cataluña. (Plecs de Paisatge ; Réflexions ; 2). ISBN : 978-84-614-2115-2
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Percevoir le paysage
par Karin Mecozzi (Marche, IT)
Quiconque se promène dans la ville Renaissance d’Urbino remarque souvent des touristes qui, après avoir visité le palais ducal, s’exclament, les yeux brillants : « Quel magnifique paysage, quel panorama ! ». Le terme « paysage » correspond ici, de manière plutôt instinctive, à la belle vue sur les vallées et les villages, les collines et les montagnes, et revêt un caractère pictural. D’une manière générale, le paysage est encore aujourd’hui considéré comme l’incarnation même de la beauté et de l’harmonie esthétique, et, au sens large, comme la « nature » que l’on souhaite protéger à travers les parcs naturels, les réserves et les écomusées.
Il apparaît toutefois de plus en plus clairement que le paysage ne peut être dissocié de l’homme, de son influence et du passage du temps. À une époque où la nature intacte se fait de plus en plus rare et où les interventions extérieures s’avèrent plus destructrices que constructives (car les considérations économiques priment), beaucoup de gens développent une sensibilité fine pour ce qui fait le caractère et la spécificité d’une région, ainsi que pour la vie qui s’y trouve. On voit naître le désir de faire des zones résidentielles et industrielles morcelées, des paysages agricoles industrialisés et des espaces sauvages laissés à l’abandon un tout qui, dans le meilleur des cas, exprime le « genius loci », mais qui exige également de ses habitants une présence concrète, un dynamisme et un sens des responsabilités. Aujourd’hui plus que jamais, le paysage est donc un processus actif et créatif auquel chacun peut prendre part, à condition de développer une conscience et une sensibilité à son égard.
C’est de l’interaction entre la végétation et l’homme, le règne minéral et le règne animal, ainsi que des conditions géologiques, géographiques et climatiques, que naît ce que nous percevons extérieurement comme un paysage. Un paysage se compose donc de zones rurales exploitées à des fins agricoles ou en jachère, de forêts et de végétation sauvage, de zones habitées, du hameau à la métropole – mais aussi de la coexistence et de la juxtaposition de zones industrielles, d’axes de circulation, de bâtiments et de ponts historiques, ainsi que de cours d’eau, de lacs et de barrages. Les installations de production d’énergie, les centrales hydroélectriques et nucléaires, marquent également nos paysages aujourd’hui.
Contempler le paysage « de l’intérieur »
Lorsque, dans un environnement nouveau et inconnu, on s’interroge sur l’unité, sur l’ensemble du paysage, on s’ouvre, consciemment ou inconsciemment, à des réponses qui ne sont pas seulement liées au « quoi » ou au « pourquoi », mais plutôt au « comment », au « d’où » et au « vers où ». Alors que nous percevons l’extérieur par nos sens, nous pouvons, intérieurement, prêter attention aux qualités qui s’éveillent en nous au fil de notre observation. Elles « nous parlent » à travers des relations et des liens, plutôt que par le biais d’états statiques. Pour entrer dans un véritable dialogue avec un paysage (ou une plante), il faut éviter les jugements hâtifs et la recherche de concepts, et s’engager dans un processus qui se déroule à différents niveaux, à l’intérieur comme à l’extérieur.
En général, un sentiment intuitif de plénitude surgit lorsqu’un lieu ou une plante nous touche particulièrement, éveille des souvenirs et des sensations, suscite des réflexions, voire nous invite à intervenir directement. Une perception élargie du paysage naît de la rencontre entre l’impression extérieure et notre activité intérieure. Le paysage semble changer constamment, et pourtant, à partir d’un certain moment, des caractéristiques universelles et archétypales transparaissent, sur lesquelles nous pouvons échanger avec les autres.
Le paysage n’est donc pas un état figé ; l’observation de ses êtres vivants et de ses processus constitue une première étape. Il devient alors une compréhension en constante évolution, qui se présente sous des aspects variés au fil des saisons, et plus généralement au fil du temps, et qui est influencée par tous ces facteurs que l’on perçoit consciemment ou inconsciemment. Ce sont là des facteurs qui nous influencent également en permanence, nous, observateurs et chercheurs en botanique paysagère ou en phytothérapie. Ils sont intimement liés au vivant.
Au cours de la rédaction de cet ouvrage, j’ai abordé chaque plante, qu’il s’agisse d’un arbre, d’une plante médicinale ou d’une herbe aromatique, de la manière suivante : « Révèle-moi ce que tu apportes au paysage en tant qu’être vivant, comment tu le communiques aux autres plantes, aux animaux, aux humains et à l’ensemble du monde vivant à travers ta croissance et ton dépérissement, et montre-moi ce qui a été inscrit dans le temps et l’espace. » De cette manière, en partant de la plante, le paysage ne cessait de renaître en moi, et chaque plante restait vivante intérieurement, jamais « tuée » par une simple définition. Le fait qu’une telle approche puisse facilement glisser vers le subjectif, ou inciter à des interprétations qui ne sont pas toujours universellement valables, me semble aujourd’hui – pour l’esprit de recherche éveillé – plutôt un avantage ! Le texte qui suit présente des étapes qui nous aident à aborder une plante et le paysage de manière holistique, grâce à des méthodes contemplatives, comparatives et créatives. (…)
Exercice de contemplation dans un champ de lavande en été
Mi-juillet, vers 10 heures du matin, je déambule entre les rangées d’un champ de lavande. La première chose qui me frappe, c’est le parfum de cette plante presque fanée (« épicé, qui ouvre le nez, à la fois enveloppant et purifiant, me rappelant le velours et les boules de naphtaline »). Je me dis aussi : « Quel parfum intense ! Les plantes regorgent encore d’huile essentielle ».
Je prends alors intérieurement un peu de recul par rapport à ce « jugement » (je ne peux pas voir si les huiles sont vraiment là) et je me demande : « D’où vient ce parfum ? De quelles parties de la plante ? » Je frotte les fleurs, les tiges et les feuilles et j’ai différentes sensations tactiles et olfactives qui m’amènent à y regarder de plus près : est-ce que je vois réellement des glandes à huile (celles du millepertuis me viennent à l’esprit) ? Où se trouve donc le parfum ? Puis je m’éloigne à nouveau de la plante : « D’où exactement ce parfum me parvient-il ? » Je remarque qu’il s’agit de « nuages de parfum » qui ne peuvent être rattachés à des organes végétaux spécifiques, mais qui, lors de l’expérience, semblent émaner de la plante tout entière. Cela en dit long sur les qualités de l’huile de lavande ! Le parfum flotte dans l’air, entoure les plantes lorsqu’elles se réchauffent et rayonne vers l’extérieur (s’évapore) – une propriété typiquement « aérienne » de l’essence. Vers 11 heures, je ne perçois presque plus aucun parfum.
Ce champ de lavande est cultivé selon les principes de l'agriculture biodynamique, et l'agriculteur explique comment il applique les préparations. L'intensité et la qualité du parfum y sont-elles également liées ?
Karin Mecozzi : Ars Herbaria, Les plantes médicinales au fil des saisons, Éditions du Goetheanum, Dornach 2014 ; 1re édition 2014, réimpression inchangée 2018, 351 pages et de nombreuses illustrations, relié, ISBN : 3723515215 / EAN : 9783723515211
Is there a future for Europe's landscape diversity?
by Dr. Bas Pedroli (Amsterdam, NL)
"... More integrated approaches and more local involvement are clearly needed to answer the call – see, for example, Paul Selman (2012) – for reconnection, which should be mainly based on land sharing at a regional scale. Broader and more direct, discursive interactions between landscape management practice, public policy and landscape research (Swaffield, 2013) may also represent a way forward towards workable processes as well as integrated solutions to restructure European landscapes.
Inspired by the work of Albrechts (2006) and Healey (2009), a strategic approach to landscape policy and planning has been found to be promising in a number of experimental projects. Recent experiences have shown that "landscape strategy making" (or "spatial strategy making") approaches are effectively being used for cities and urban regions (Healey, 2006, 2009). But also in the rural landscape promising first experiences involving both the local community (including the farmers and other primary landscape managers) and the local government have been reported (Pinto-Correia, Guiomar, Guerra, & Carvalho-Ribeiro, 2015; Primdahl, 2014; Primdahl, Kristensen, & Busck, 2013). A landscape strategy-making approach may represent a pathway to a more transformative, more integrated and more sustainable approach to landscape governance in Europe. Landscape strategy making consists of a set of visions and more concrete objectives for protection and change, a number of strategic projects which are more or less comprehensively described, and a spatial outline to which the objectives and projects refer . .... There is no precise model or framework of how a landscape strategy should be produced, and neither should there be. European landscapes are simply too diverse to apply the same detailed scheme everywhere, while the specific (strategic) context also often varies in scale and substance. .... Broad ownership of the strategy is required, including local government, land owners, local businesses, residents, NGOs, relevant institutions and organisations (Van Paassen, Van den Berg, Steingrover, Werkman, & Pedroli, 2011).
Europe's landscape diversity may still survive for some time because there is a time lag between changes to landscape functions and transitions in landscape character and diversity (van der Sluis, Pedroli, Kristensen, Cosor, & Pavlis, 2015). However, current policies seem to be neglecting the long-term effects of land use change that may very well be irreversible once they have become observable. Therefore, the need for new paradigms for the governance of rural landscapes of Europe is urgent. .... To cope with current rural landscape transitions, modern community-based landscape governance should invest in joint vision development among all parties concerned, paying due attention to integrating sectoral interests, to shared funding opportunities, to innovative multifunctional land management alternatives and to a proper use of available resources, including knowledge."
from: Pedroli, B., Pinto Correia, T., & Primdahl, J. (2016). Challenges for a shared European countryside of uncertain future. Towards a modern community-based landscape perspective. Landscape Research, 1-11 online first. DOI:10.1080/01426397.2016.1156072
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